Wallis-et-Futuna ce sont en fait deux entités distantes de 230kms dans l’océan pacifique occidental. Wallis au Nord-Est et Futuna au Sud-Ouest , mais si l’on y regarde de plus près c’est plus précisément 3 îles!!

 Wallis / Futuna / Alofi

Wallis-et-FutunaC’est d’abord Futuna qui fut découvert au XVIIème. Accostée par les marins néerlandais Willem Schouten et Jacob Le Maire, ils furent les premiers Européens à débarquer en mai 1616.

L’expédition était partie de Hoorn ; l’un des deux navires de l’expédition s’appelait aussi Horn, de ce fait Futuna et Alofi constituent l’archipel de Horn.

Quant à Wallis, elle tient son nom du Britannique Samuel Wallis qui l’a découverte en 1767.

Géographiquement ces îles sont très différentes bien que toutes deux d’origine volcanique.

L’île de Wallis autrement appelée Uvea (prononcé Ouvéa) (qui s’étend sur 77,6 km2) est un ancien volcan qui a commencé à s’enfoncer, laissant ainsi apparaître un récif corallien et un lagon ouvert sur l’océan par quatre passes dont une seule est navigable. Son point culminant, le mont Loka, est peu élevé (151 mètres). L’île est parsemée de lacs de cratère (témoignant d’une ancienne activité volcanique) dont le plus grand est le lac de Lalolalo, d’environ 400 mètres de diamètre, un site remarquable.

Les paysages de Futuna et d’ Alofi sont très différents.

Très escarpé pour Futuna (qui s’étend sur 46.28 km2 ) , son point culminant est le mont Puke (524 m.). Pour Alofi (17,78 km² ) le relief est très pentu et culmine à 417 m au mont Kolofau. C’est une île entourée d’un récif corallien et est pratiquement inhabitée. Elle reste cependant cultivée par les habitants de Futuna qui n’est distante que de 1,7 km.

 

Administrativement, trois royaumes traditionnels, constituant trois circonscriptions administratives, sont inclus dans l’archipel de Wallis-et-Futuna:

Uvea pour Wallis et Alo et Sigave pour Futuna et Alofi.

Peuplée de Polynésiens en provenance des Iles Tonga pour Wallis et des Samoa pour Futuna, les deux îles, visitées par des navigateurs au XVIIème siècle, ne connaissent pas de présence européenne notable avant le XIXème siècle et l’implantation de missions catholiques qui vont entraîner l’effondrement des croyances traditionnelles. A la limite de la Mélanésie, l’Archipel est francophone et catholique dans un Pacifique Sud anglophone et protestant.

Les trois royaumes signent un traité de protectorat avec la France, ratifié en 1887. Utilisées par les Etats-Unis comme base avancée pendant la Seconde Guerre Mondiale (on vous suggère la visite du musée de la présence américaine situé dans la galerie du Fenuarama), Wallis et Futuna choisissent de devenir Territoire d’Outre-Mer par référendum en 1959. Le statut du territoire est fixé par la loi du 29 Juillet 1961.

L’administrateur supérieur du territoire a le rang de préfet.

La loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 “garantit aux populations du territoire le libre exercice de leur religion, ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes tant qu’elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit…” (art. 3). Le territoire est représenté au Parlement de la République par un député et un sénateur. Une personnalité, désignée par le Gouvernement, siège au Conseil économique et social.

Suite à la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le Territoire de Wallis-et-Futuna devint une Collectivité d’Outre-mer à statut particulier, sans que le statut de 1961 n’ait été modifié.

Ces royaumes dans la République sont une spécificité du territoire, forts d’une organisation coutumière ancestrale, ils se confondent avec les circonscriptions administratives.

A Uvéa, le roi (hau), qui porte le titre de LAVELUA, est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d’un Premier Ministre (Kalae-Kivalu) et de cinq Ministres : Mahe Fotuaika, chargé de l’environnement et des affaires maritimes ; Ului Monua, chargé de l’agriculture ; Kulitea, chargé de la justice et de la culture ; Fotua Tamai, chargé de la santé ; Mukoi Fenua, chargé de la jeunesse. Le conseil des Ministres est assisté du Pului’Uvéa, chef de la police. Le LAVELUA nomme sur proposition de la population, les chefs de district, appelés ” faipule ” qui ont eux-mêmes autorité sur les chefs de village, les ” Pule Kolo “. Ces derniers, qui peuvent lever les corvées d’intérêt général, sont plébiscités ou destitués par la population au cours d’assemblées générales, dites ” fono ” qui ont lieu le dimanche dans une case commune appelée ” fale fono “.

L’île d’Uvéa comprend 21 villages répartis en 3 districts :

  • Hihifo : Malae, Alele, Vaitupu, Vailala, Tufuone ;
  • Hahake : Liku, Akaaka, Mata’Utu (chef-lieu), Ahoa, Falaleu, Haafuasia ;
  • Mua : Lavegahau, Tepa, Haatofo, Gahi, Utufua, Malaefoon, Teesi, Kolopopo, Halalo, Vaimalau.

A Futuna, l’île est divisée en deux royaumes : Sigave et Alo qui comprennent au total 15 villages :

  • Alo : Malae, Taoa, Ono, Kolia, Alofi, Poï, Vele, Tamana, Tuatafa ;
  • Sigave : Leava, Nuku, Vaisei, Fiua, Toloke, Tavai.

Chaque roi (sau) est détenteur de l’autorité coutumière pour son royaume. Le Tuiagaifo à Alo et le Tui’sigave à Sigave sont assistés de 5 Ministres appartenant à des villages différents, d’un chef de cérémonies et d’un chef de la police.

L’histoire de l’Archipel va marquer un virage à l’arrivée des missionnaires européens: les Maristes en 1837. Le but de cette mission est de faire contrepoids aux influences protestantes anglaises en Océanie. En provenance du Havre Les Pères Bataillon à Wallis et Chanel à Futuna marqueront à jamais l’histoire des deux îles. Ce sont eux qui motiveront le protectorat de la France dès 1842.  Le pouvoir grandissant de la mission catholique va engendrer une hostilité du pouvoir Royal en place entraînant l’assassinat de Pierre Chanel. Mais l’évangélisation de la population est lancée la disparition de cet apôtre de l’Océanie ne freinera pas pas l’intérêt porté par les insulaires à la religion chrétienne, bien au contraire, il demeure aujourd’hui un symbole pour les îles et est canonisé en 1954.

Actuellement 99% de la population est catholique et les célébrations structurent la vie locale. L’Eglise a eu un pouvoir également important dans la rédaction du statut de TOM en 1961. L’enseignement maternelle et primaire, jusqu’au CM2 est sous la responsabilité de la DEC (Direction de l’Enseignement Catholique) quelques heures de catéchèse sont dispensées chaque semaine aux élèves pour leur apprendre les rudiments de la pratique religieuse car la présence aux messes montre toute son importance dans la société du fenua.

Ce qui qualifie Wallis-et-Futuna c’est une singularité en triptyque autour de l’Etat, la coutume et la mission catholique.